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Mystères au collège Jules Verne - Comment le roman est-il né ?

"MYSTÈRES AU COLLÈGE JULES VERNE"
éditions GRASSET (parution avril 2009)
COMMENT LE ROMAN EST-IL NÉ ?


Il reste quelques images à mettre en place... patience !


Le projet mûrit,
les personnages prennent vie



Novembre 2005 - Idées de départ


LE COLLÈGE OÙ LES RÊVES SE RÉALISENT... (titre bidon, histoire de noter quelque chose)
Je propose à mes éditrices (chouchous) des éditions Grasset jeunesse le projet suivant, et l'idée leur plaît.
C'est intéressant de comparer les idées de départ et le résultat final. De nombreux éléments vont disparaître, d'autres apparaître.
Au départ, le nom du collège n'est pas choisi... alors que c'est lui qui donnera le déclic pour le roman. Je ne le saurai que plus tard !


Lieu de l'action : un collège.
Je compte partir d’anecdotes réelles survenues dans des collèges (d’élèves de mes ateliers théâtre et d’amis profs et documentalistes).
Le principe de départ : Chaque chapitre du début du roman est axé sur un personnage du collège (des élèves, mais aussi le directeur, certains profs, la documentaliste).
Parmi les élèves, des jeunes auxquels les lecteurs peuvent d’identifier. J’ai pensé aussi au gourmand qui veut faire un cap de cuisinier et ramène tout à la cuisine ; il parle par recettes : par ex 200g d’idées préconçues ! (celui-là, il existe, je l’ai déjà rencontré... et il a fini pâtissier)
Tous les personnages sont ainsi mis en place séparément. Puis dans la dernière partie, un événement fort va les rassembler (accélération du récit avec tous les points de vue différents).

De plus, il y a longtemps que j’aimerais faire une fin multiple : on choisit celle qui nous convient parmi les trois propositions de l’auteur... et on vote sur internet !

SCHÉMA
Mon idée de départ est donc de présenter des personnages en parallèle (racines de départ à gauche) ; de leur faire vivre quelque chose en commun (trait central) ; et de proposer plusieurs fins (la fourche à droite).




RÉFLEXIONS...
LE COLLÈGE OÙ TOUT PEUT ARRIVER (titre provisoire) -
CARNET DE BORD (début)


Jusqu'à début mars 2006, je n'ai pas le temps de me plonger dans ce roman. De toute façon, j'aime bien laisser mûrir les projets.
Je décide de prendre des notes au fur et à mesure de l'écriture du livre : sorte de carnet de bord jusqu'à la parution ultérieure. Je recopie donc les réflexions et remarques notées au fil des mois.



• 12 mars 2006 (avant, je n’avais pas eu le temps de repenser au projet)

Je note quelques idées et quelques personnages :
- employé cantine (handicapé comme j’en connais un qui est adorable)
- prof de gym, toujours plein de projets (a le côté dynamique de mes amis profs de sport, Alain et Marine)
- documentaliste motivée (dans le style d'amies documentalistes ++) :
cette documentaliste organise un club théâtre à l’heure du déjeuner au CDI, comme celle du collège de Ifs, et comme ce que souhaite faire celle de Mortagne.
Le théâtre étant « ma spécialité », cela me sera facile de rendre vrai cet atelier.
- prof de français peut-être aussi à prévoir, mais attention pas trop de personnages différents.
- il faut un givré dans le lot. Le principal ?? ou un prof ??
- des élèves de 3e à définir


illustration de Patsh, extraite du "Phare aux pruneaux"


13 et 14 mars :

Bouteilles à la mer...
J'envoie des emails à des ados (de 3e - certains font partie de mes ateliers-théâtre, d'autres de mon petit comité de lecture), des documentalistes, et des profs que je connais.

15 mars :
Grande décision :je m’oblige à dactylographier mon carnet de bord, c'est-à-dire taper mes notes, pour que ce soit pas à la fin un tas de feuilles de brouillon comme c’était le cas pour « Cordes sensibles » (voir à côté de la page de couverture du livre). J'avais eu un travail fou à tout remettre en ordre.

Après avoir laissé mûrir le projet, je lance des bouteilles à la mer, ne sachant à quoi cela aboutira, et même si j’utiliserai les pistes en question.
Mais en fonction des réponses, j’obtiendrai ou non des déclencheurs d’écriture, car j’aime allier l’imaginaire à des faits réels (sortes de tremplins).

Au fur et mesure, je gribouille quelques idées, que je garderai ou non au moment de la rédaction :
Peut-être situer l’action principale au moment où il y a des correspondants dans le collège. Mélange de cultures, réactions des uns et des autres.

17 mars :
Boîte à idées
Quand j'écris des chansons, des pièces de théâtre ou des romans, je constitue une sorte de boîte à idées où je note tout ce qui me passe par la tête, en rapport avec le thème que j'ai choisi... Je ne garderai bien sûr que certaines de ces idées. Par contre, je n'écris pas les nouvelles de cette façon-là.

Je commence à recevoir des réponses.
Sonia (qui fait partie de mon petit comité de lecture) me répond : elle a beaucoup de boulot, mais va y réfléchir.
Valérie Madeleine, documentaliste du collège de Ifs près de Caen, m’envoie plein d’idées. Celle des pignoufs me plaît beaucoup ! Je crois que je la garderai !
Il est temps que je sorte un classeur neuf pour tout ranger au fur et à mesure...

21 mars (il fait un froid de canard) :
Deux de mes élèves de théâtre proposent de venir me voir (séparément) pour parler du projet.
Pas de nouvelles des autres "bouteilles à la mer".


LE PROJET MÛRIT ENCORE...
LES PERSONNAGES PRENNENT VIE ; PREMIERS BROUILLONS
CARNET DE BORD (suite)


22 mars

Le projet mûrit (j’aime bien laisser mijoter un roman)
OÙ ? : Lieu commun aux différents personnages : le collège.
QUAND ? : Époque actuelle. Je préciserai ultérieurement un moment de l’année scolaire pour le début de l'histoire elle-même.
QUI ? :
J'essaie de définir quelques « personnages » :
* une fille : trouver son prénom. Mal dans sa peau. N’a pas admis que son père qu’elle plaçait sur un piédestal, soit parti de la maison. Elle réagit en étant insolente...
* Une autre fille : problèmes anorexiques. Relation affective avec la documentaliste (sa réaction, pas question que tu nous laisses tomber ! on a besoin de toi) + l'activité théâtre = ça l'aide à s’en sortir.
* Manu : trouver un prénom asiatique. En 3e mais taille des garçons de 6e. Quand sa poussée de croissance va-t-elle montrer le bout de son nez ?
Fait rire les autres, beaucoup d’humour. Le bourreau des cœurs. Adopté et fier de l’être.
* Tanguy (le prénom d’un de mes élèves de théâtre qui lui n’a pas un seul bouton) qu’on surnomme Tango. Lutte contre l’acné (y en a marre ; il a tout essayé). Il parle avec l’accent chantant du sud, mais veut absolument jouer un anglais. Il finit par se demander si ce n’est pas anormal d’avoir des parents qui s’entendent bien et une famille nombreuse... quand il se compare à ses copains.
* le prof de gym : Lancelot (surnoms et blagues d'un chevalier de la table carrée). Pourquoi ce prénom ? C’est celui d’un des fils de mon grand copain prof de gym à qui le personnage doit son dynamisme... mais pas le côté foufou.
* la documentaliste dynamique et animatrice de théâtre : Véro. Et j’ai bien envie de lui donner un nom de famille d’écrivain célèbre... ou, mais lequel ? Elle anime des ateliers théâtre au CDI à l’heure du déjeuner.
J'aimerais intégrer dans le roman des passages en écriture théâtrale pour bien distinguer le récit des ateliers.
* et sans doute d’autres personnages... qui n'ont pas encore pris forme.

Je me pose la question suivante :
Par quel personnage commencer, sachant que mon choix est le suivant : mise en place des personnages de façon parallèle.
Donc j’arrête de me creuser la tête. Je vais laisser venir les personnages et je verrai ensuite dans quel ordre je les mettrai.
Une idée me passe par la tête : commencer par un cauchemar.
L’idée me plaît... et je commence à écrire, sans réfléchir.



début du premier brouillon "Dinh"



22 mars 2006 :

DINH LUCAS qui s'appelle d'abord Manu et qui changera de nom de famille.


Je note un titre provisoire (pour ce chapitre) qui reprend un passage du cauchemar : NE M’OUBLIEZ PAS (ou bien J’AIME QU’ON M’AIME)
Ce premier texte est rédigé comme une nouvelle (façon écriture automatique : je me laisse aller et j'écris sans réfléchir, comme si j'étais en train de raconter une histoire à haute voix).
À noter : l'ado de ce premier texte s'appelle pour l'instant Manu.

Ma technique d'écriture :
L'endroit où j'écris le mieux : au réveil, dans mon lit en buvant mon thé, assise en tailleur. Mais j'écris parfois ailleurs, par exemple dans mon jardin comme sur la photo. J'écris toujours mes brouillons à la main avec un stylo "qui glisse bien" ou un crayon à papier.
Puis l’après-midi, je m’oblige à dactylographier mon texte (sinon je suis vite submergée par les feuilles de brouillon que j’ai du mal à relire... car j'écris comme un cochon). En même temps que je tape, j’ajoute de petits passages ou des détails. Ce ne sera pas le texte définitif, loin de là. Je le relirai et le modifierai au besoin plusieurs fois.


Après avoir rédigé, j’essaie de prendre quelques notes pour comprendre et expliquer quelle a été ma démarche (par contre, au moment où j'écris, je me laisse aller et n'essaie pas d'analyser le pourquoi du comment) :
1) Idée de départ : commencer par un cauchemar. J’aime bien intégrer des rêves et des cauchemars dans mes histoires. Ces passages sont proches de l’inconscient et révèlent des éléments de la personnalité des personnages ou de leur vécu.
Dans le cas présent : le feu - ceci est l’un de mes cauchemars récurrents que je faisais quand j’étais enfant et ado (jusqu’à ce que j’en parle à plusieurs personnes) - par contre dans mon cauchemar, il n’y avait aucun notion d’abandon.
Le "héros" est l'un des rares rescapé du drame qu’il a vécu.
2) Parmi les différents personnages auxquels j’ai pensé, Manu est celui qui aurait pu vivre ce genre d’événement.
Je retiens donc celui qui a été adopté (Manu prénom provisoire) comme étant le jeune dont je raconte l’histoire dans ce chapitre. Manu, celui qui n’a pas encore commencé sa poussée de croissance.
3) Réaction de Manu par rapport au cauchemar : il veut s’en sortir. Je commence à le définir : son caractère va prendre forme, son physique aussi en tenant compte de sa petite taille.
Ses parents adoptifs, eux aussi prennent vie. Débordants d’amour, un peu étouffants. Pourquoi leurs métiers ? L’anecdote du spécialiste de l’hôpital (j’avais emmené l’un de mes fils voir un professeur compétent pour avoir son avis) apparaît sans doute par association d’idées : les parents travaillent dans le milieu médical. Brancardier (costaud, il vaut mieux l’être) et infirmière.
Par ailleurs, ceux qui aiment qu’on les aime ont d’autant plus besoin d’avoir un animal familier. De nouveau association d’idées : milieu hospitalier - pas de microbes - donc pas d’animaux à la maison (il ne s’agit en rien d’une spécificité des métiers médicaux et paramédicaux !). La voie de Manu est tracée : il a envie de devenir vétérinaire, sans frontières car cela est lié aux voyages... et lui vient de loin.

22 mars :

Rencontre qui donne vie à l'un des personnages :
Dans l'après-midi, entretien avec l'une de mes élèves de théâtre qui me parle de ses problèmes, de la vie au collège, etc. Elle m'explique entre autres comment les collégiens se moquent de ceux qui ont de l'acnée (éléments utilisés ultérieurement pour le personnage de Tanguy).

Le soir avant de m’endormir, je pense à un point important. Je ne peux pas commencer directement par les présentations en parallèle. Il faut une courte intro : tous ces personnages ont quelque chose en commun. Sinon les lecteurs ne comprendraient pas pourquoi j’en présente un, puis je n’en parle plus pendant quelques chapitres.

23 mars :

Je rédige le premier jet de l’intro (qui sera simplifiée ultérieurement),
puis le chapitre de présentation de Candice.


début du brouillon de la présentation de Candice (Lou)



LOU qui s'appelle d'abord Candice.


Le personnage de Candice ressemble à mon élève de théâtre, rencontrée la veille. C’est d’ailleurs elle qui a choisi ce prénom, et elle est contente que je puisse m’inspirer de ce qu’elle m’a raconté. Sachant très bien qu’il ne s’agit pas de la vérité pure et dure, mais que le personnage aura des points communs avec elle et son histoire personnelle.

24 mars :

Où l'on constate qu'il y a toujours des éléments personnels qui émergent dans toute histoire qu'on invente...



TANGUY qui ne changera pas de prénom.


Ecriture de la présentation de Tango.
Je l’écris comme une nouvelle, d’un jet, sans avoir réfléchi ou discuter avant.
Je pars du personnage : son surnom Tango, par association d’idées : il danse et aime danser, il est à l’aise dans ce domaine.
Je voulais en faire un garçon d’une famille nombreuse par opposition aux autres.
J’avais choisi au départ que son problème serait l’acné, comme c’est le cas pour nombreux garçons et filles ados. Au collège - surtout au collège ! - on est jugé sur son physique et son aspect extérieur, c’est d’autant plus difficile à vivre.
Ses parents : sa mère descendante des esclaves noirs américains et son père norvégien (le cas d’amis de mes enfants, sauf que le père est irlandais)
Dans la famille de Tanguy, il n’y a que des garçons : j’en ai eu quatre (pas de filles, mais des filleules nombreuses) + tous les copains de passage. Bagarres, bruit et animation assurés : j’ai connu ça. Il faut être une mère dynamique pour assurer.
Après avoir rédigé mon premier jet, je me souviens que j’avais pensé que Tango aurait l’accent du midi ; ce n’est pas le cas. Et si c’était plutôt le prof de gym ?

27 mars 06 :

AURÉLIA PIONI, la prof de français, qui ne changera pas de nom, mais dont la première présentation sera intégrée ailleurs.


Ce personnage aura moins d'importance dans la version finale.
Je m’éveille, glauque, fatiguée... Après un thé, je me demande si je vais arriver à écrire...
Du coup, je gribouille les notes suivantes avant de rédiger la présentation d’Aurélia.
Il faut que le personnage prenne vie. Prof de français de 35 environ. Italienne d’où ses nom et prénom.
J’essaie de l’imaginer : très brune, yeux noirs (là, je vois une amie de mes enfants, beaucoup plus jeune, de père sicilien). Une ribambelle de mini-anneaux dans le lobe d’un oreille, deux de l’autre côté, d’où un déséquilibre qui peut gêner les amoureux de la balance. Figure de mode miniature, de dos on la prend pour une élève de 4e : donc très petite (pire que moi !)
Ayant été deux fois à Rome, je visualise la ville où elle a pu faire ses études ; enfance et adolescence plutôt dans la campagne romaine.
Son comportement de prof : contrairement à certains profs qui étalent leur vie personnelle au grand jour, Aurélia Pioni ne parle jamais ou presque de ce qui la concerne. Pourtant les élèves voudraient en savoir plus car il émane d’elle un mystère. Les imaginations vont bon train (parfois, des phrases entières des premières notes peuvent être reprises dans le texte lui-même). Toujours pleine d’idées, animant un club poésie où les plus réfractaires aiment se rendre.
La référence au club poésie est personnelle : en seconde, j’ai eu la chance d’avoir une prof de français extraordinaire ; elle m’a fait aimer les livres et la lecture, découvrir la poésie (de Prévert à Rimbaud en passant par les surréalistes) en participant pendant les trois ans de lycée à son club poésie ; grâce à son aura mais surtout ses méthodes pédagogiques, elle savait donner vie aux textes. D’ailleurs, je sais ce que sont devenues deux autres élèves de cette classe de seconde : l’une est éditrice et l’autre une célèbre auteure de théâtre. La passion est communicative !

Petite parenthèse :
J’ai reçu un message sur mon site - qui m’a fait beaucoup rire :
"On visite votre site ; c’est notre prof qui nous a obligés"
Après une petite enquête à la Sherlok Holmes, j’ai découvert qui était le prof en question, donc le livre que les deux élèves étaient sensés lire... et je leur ai répondu qu’un jour ils découvriraient le livre qui leur plairait vraiment et qu’ils se rendraient compte que la lecture, c’était super, en précisant que je n’avais eu ce déclic qu’en seconde, donc fort tardivement. (avant, j’écrivais, j’inventais... mais je lisais peu).
Voici le début de la réponse laissée à la fin d’un des articles de « Cordes sensibles » :
"Chère Ann Rocard,
D’abord nous ne pourrions que vous remercier de votre réponse car nos copains et nous avons bien ri. Franchement, nous n'attendions pas une réponse de votre part. Vous aviez raison nous avons enfin trouvé un livre assez chouette à lire et c’est le vôtre ! [...]
Bisous à vous. Kevin et Audric"
Je referme la parenthèse.

Pour l’instant, je ne sais pas du tout quel peut être le "mystère" d’Aurélia Pioni. Et je me demande toujours si je vais réussir à écrire... Après un deuxième thé, je me jette à l’eau. Sans réfléchir, en laissant glisser mon stylo ou mon crayon.


Après avoir rédigé le premier jet de la présentation d’Aurélia :
Donc pour ce personnage, j’ai pris quelques notes avant l’écriture proprement dite, puis j’ai laissé courir mon feutre, passant d’une idée à une autre.
Mais pour l’instant, je ne connais toujours pas le « mystère » d’Aurélia. J’aime me laisser surprendre... Je le découvrirai au fil du livre, comme le lecteur. (Finalement, comme il faudra que je réduise le nombre de personnages principaux, le mystère d'Aurélia ne sera pas élucidé... dommage).

28 mars :

Je griffonne quelques notes.
- Demain doit venir à la maison une autre de mes élèves de théâtre. Elle choisira le prénom du personnage dans lequel elle va se projeter. Personnage qui envisage peut-être de faire un CAP pâtisserie ou une école hôtelière (ce qui n'est pas le cas de cette ado).
- Question : intervention de texte théâtral dans les impros ou ailleurs ?
- Je dois penser à développer le personnage de Fred Barjo, juste évoqué dans la présentation d'Aurélia (il prendra en effet de l'importance et changera de nom de famille !)

VÉRONIQUE GALETINE, la documentaliste (début) qui changera de nom de famille.


Je réfléchis au personnage de la documentaliste. Véro Galetine ? le nom de famille sonne mal. Il faut trouver autre chose.
Je l’imagine avec les cheveux tout frisés, blond roux, une crinière de lionne. Voix forte, presque capable de rugir. Elle a son franc parler comme Valérie qui lui sert de modèle (mais n'a pas du tout ce physique) : « Qu’est-ce que vous foutez bande de pinioufs ? »
Le personnage prend former... Pour entrer au CDI, faut-il montrer patte blanche ? Ou plutôt découvrir le mot de passe du jour.
Ses deux enfants sont au collège. Rachid, son mari, est sculpteur, bricoleur hors pair, donne des coups de main pour les décors des spectacles.
Du coup, j’envoie un message à Valérie (la super documentaliste) pour lui demander comment elle définirait son CDI, quel est son but par rapport au travail, aux élèves, collèges, établissement...

29 mars :

LANCELOT DALUC, le prof de sport (début) qui changera de nom de famille.


J’essaie de cerner le personnage.
Tout d’abord, je ne veux pas qu’il ressemble trop à l’un de mes amis, prof de gym, qui a déjà beaucoup de points communs avec le père de Jérémy dans « Enquête par correspondance ». Ce dernier parlait peu, donc Lancelot par opposition est bavard, ou du moins parle pas mal.
L’accent du midi lui irait bien. Et à mon oreille résonne la voix chantante d’un ami conseiller pédagogique à Montpellier.
Coiffure par association d’idées (Lancelot ---> chevalier de la Table ronce ---> queue de cheval) : il a donc une queue de cheval bien qu’il ne pratique pas l’équitation (ce qui n’est pas le cas de mon ami prof aux cheveux ras).
Entraîneur et joueur de l’équipe de foot du quartier est de la ville.
Mais les talents de Lancelot ne s'arrêtent pas là. Champion de saut à la perche et grand pêcheur de poissons du même nom devant l’éternel.

Je note des idées ne sachant lesquelles je conserverai. La boîte à idées se remplit. Contrairement à certains personnages qui prennent vie au fil du crayon ou du feutre, d'autres comme Lancelot s'élaborent à partir des notes, griffonnées sans réfléchir. Dans le cas de Lancelot, en comparant avec la version finale, on peut constater que de nombreux points seront conservés.

Lancelot Daluc que tous bien sûr appelaient Lancelot Dulac, le chevalier de la table de pingpong (ce qui aura changé dans la version finale !). Un chevalier sans beurre (pas un poil de graisse) et sans valoche (jamais de cernes sous les yeux). Champion de karaté auquel il valait mieux ne pas se frotter.
Grand amateur d’épinards comme Popeye.
Je pense à tous les clichés des gens costauds : Popeye, Tarzan !
Il est capable de s’élancer de branche en branche dans le gymnase en poussant un cri de Tarzan teinté d’accent du midi.
Superman ! ... et de finir en vol plané, tel Superman, avant de s’écraser dans le mur d’en face, ce qui lui valut six mois d’immobilisation à l’hôpital.
Ah ! Le personnage commence à se colorer : c’est un marrant ! J’aime bien qu’au moins l’un des personnages soit marrant.
Popeye, Tarzan... mais aussi Hercule ! Chaque année, Lancelot organise les douze travaux, douze épreuves sportives herculéennes. Pas mal, l'idée me plaît !
Je cherche... qui donc est très fort ? Astérix avec la potion, mais c’est déjà Manu (furtur Dinh). Obélix sans la potion. Cela pourrait faire la paire pour une adaptation théâtrale, mais Lancelot n’a pas l’embonpoint d’Obélix. C’est plutôt la stature Tarzan.
Côté cœur ? Si c'est un Tarzan, il lui faut une Jane.
Il est donc toujours tombé amoureux des Jeanne, Jeannette, Jenny, rencontrées depuis son enfance. La première, à l’école, une vraie Jeanne d’Arc qui entendait des voix (la sienne) dans la cour de récré :
« Jeannette, laisse ton mouton (son doudou en peluche, toujours caché au fond de son cartable), et va sauver France (sa meilleure copine, enfermée dans les toilettes des filles) »
Mais passons... Lancelot ne résistait pas à la sonorité de ces prénoms. Ses ex-femmes s’appelaient successivement Jenny (une anglaise qui était retournée vivre à Londres - elle se noyait sans arrêt dans une goutte de thé), puis Marie-Jeanne qu’il avait fini par n’appeler que Marie-tout-court à force de disputes dont il sortait perdant, car elle avait toujours le dernier mot (ce qui n’était pas donné à tout le monde face à un bavard, tel Lancelot)... Là, ça ne ressemble en rien à mon ami.

Lancelot n’avait pas eu d’enfants - le regret de sa vie - mais il n’avait que 40 ans et ne perdait pas espoir de devenir un papa poule.
Actuellement, Lancelot Daluc, le preux chevalier sur son fier destrier (sa vespa coccinelle, rouge à poins noirs... ah ! quand Aurélia la découvrira !) était célibataire... Et au collège, il y avait une Jane, qui elle ne l’était pas. Aïe ! de toute façon, à part le prénom, elle n’avait rien d’affriolant : grincheuse, pas un sourire. Des lunettes noires par tous les temps. Les cheveux tirés en chignon. Éternellement vêtue d’un jean et d’un large pull informe jaune d’or ou canari suivant les jours. Jane était jeune, mais d’un âge indéfinissable... entre 26 et 30 ans. La pionne pet-sec par excellence.
Ça prend bonne tournure !

29 mars :

Rencontre avec une autre de mes élèves de théâtre qui va donner vie à l'un des personnages.

Elle souhaite que ce personnage soit à son image ; elle choisit le prénom Gabrielle : à la fois joyeux et qui fait aussi un peu garçon. Elle préfère les garçons manqués aux hyper-filles.
En récré, elle s’assoit sur un banc avec sa meilleure amie. Quelquefois sa sœur et sa meilleure amie se joignent à elles. Les garçons les rejoignent. Ils parlent de qu’ils ont fait le week-end, de ce qu’ils vont faire... et de leurs problèmes. Les autres veulent vraiment aider ceux qui comme elle ont des problèmes (entraide primordiale). Par des mots, des gestes, par exemple "ils m’invitent chez eux pour m’éloigner des problèmes".
Elle me parle de sa vie au collège, de la cantine, du CDI, de certains cours où il y a le bazar, du prof qui mauvaise haleine, etc.
Puis elle me parle de sa vie, de son problème d'anorexie (j'étais au courant dans le cadre des cours de théâtre, et l'on retrouve cette scène dans le roman), des viols qu'elle a subis depuis l'âge de 13 ans (ce que tout le monde a longtemps ignoré), du problème d'alcool de son père (et bien d'autres graves problèmes), de ses passions et de son rêve de devenir sage-femme...
Quand elle n’allait pas bien, elle craquait parfois et ne gardait pas tout pour elle. C’est ainsi qu’a été abordé le problème de viol, et qu’elle a pu en parler à une infirmière, grâce à son amie. Du coup, la mère l’a appris et a porté plainte.
Ce qu'elle aime :
Le théâtre : « On se libère, on fait un mur par rapport à sa vie perso. On oublie nos problèmes. On voit des amis ».
Cuisine : « J’aime bien inventer. Parfumer l’eau des pâtes avec des épices. L’eau ensuite on s’en sert pour la soupe. »
Puis elle parle de son anorexie qui est maintenant passée. Mais « j’ai peur quand je mange. Vomir, c’est vraiment une grande peur ».
Je suis bouleversée par ce qu'elle me confie. Mais elle veut que cela apparaisse dans le livre, que ceux qui vivent la même chose puissent se reconnaître, et comprendre qu'on peut s'en sortir.
L’an passé, quand j’avais appris ce problème d’anorexie, nous avions commencé à échanger par courrier et j’essayais de lui donner confiance. Ça l'a aidée, me dit-elle.
Ses problèmes sont si nombreux qu’ils n'apparaîtront pas tous dans le personnage de Gabrielle.


début du brouillon de présentation de Gabrielle




GABRIELLE qui changera de nom de famille.



30 mars :

Je prends quelques notes.
J’ai été vraiment remuée par la rencontre d'hier. Mon élève de théâtre m’a confié une partie de sa vie, des éléments que je connaissais (anorexie), d’autres que je pressentais (par rapport au père, à la séparation) et d’autres que j’ignorais (viols).
Nous allons continuer à nous écrire (et cet échange reste entre nous).
Par contre, je ne vois pas comment commencer la présentation de Gabrielle. Peut-être par la façade extérieure - pelures d’oignon - voilant les problèmes qu’on ne découvre que progressivement, un peu comme dans la relation que je peux avoir avec elle (relation qui peut être reprise entre Gabrielle et la documentaliste).
Par un point positif la concernant : par exemple, elle aime cuisiner.

Rédaction du premier jet du chapitre de présentation de Gabrielle.
En cours d’écriture, je note : « Je crois que je vais répartir les divers éléments recueillis sur deux personnages : Aurélia et Gabrielle. De quelle façon ?
Gabrielle aime cuisiner et en même temps anorexique/vomissements, et problème de viol.
Aurélia : derrière cette part de mystère, une enfance et adolescence sordides. Le père alcoolo qui passait son temps au bistrot et mentait comme un arracheur de dents. »
Finalement, ce ne sera pas le cas, car je réduirai l'importance du personnage Aurélia.

Réception d’un long courriel de Valérie, la documentaliste sympa, qui m’envoie des tas de pistes et de réflexions (son point de vue et ses expériences de documentaliste).


30 mars (suite) :


La naissance de Vénus, de Botticelli



Pour GABRIELLE :
Après avoir dactylographié des notes et réflexions, je me plonge dans un livre sur les grands maîtres (peinture) de l’Art Italien. Et je recherche les visages que j’avais en mémoire en rédigeant la présentation de Gabrielle.
En effet, deux personnages me font vraiment penser à mon élève de théâtre : le visage de Vénus dans le célèbre tableau « La naissance de Vénus » de Botticelli (1445-1510) et celui de l’ange dans la « Vierge aux Rochers » de Léonard de Vinci (1452-1519), tableau qui se trouve au musée du Louvre. L’ange a la coiffure et le visage (les paupières moins épaisses). Pour Vénus, les cheveux ce n’est pas ça. Mais le visage oui.


La Vierge aux rochers, de Léonard de Vinci



Pour DINH :
L'une de mes tantes, qui connaît bien le Cambodge, m'envoie des prénoms cambodgiens par courriel (sa fille cambodgienne lui a donné des tas de prénoms par internet). Entre autres : Mony et Dora (filles), Dinh et Daravouh (garçons).


LANCELOT (suite)


31 mars :

Réflexions...
Je relis les notes concernant Lancelot avant d’écrire sa présentation.
Accent du midi. D’où est-il originaire ? Un endroit que je connais. Par exemple Montauban (où j’interviens souvent en milieu scolaire et au salon du livre) - sa famille peut s’être spécialisée dans les arbres fruitiers... non, ça rejoint le verger de Tanguy, donc ça ne va pas. Je dois trouver quelque chose de différent.
Montauban, la ville d’Ingres : je risque de plus de retomber dans « Cordes sensibles » (autre roman avec référence au peintre Ingres).
Deuxième solution : la région de Montpellier où je suis allée travailler en novembre dernier, et suis allée dans ma famille et en voyage avec mes enfants autrefois. Qui dit Montpellier, dit « grotte des Demoiselles » où Lancelot pourrait avoir eu une révélation. (Ce qui disparaîtra dans la version finale)
Conclusion : Lancelot a la voix chantante de mon ami Edgar de Montpellier.
Sportif : +++ - ça tombe bien, il est prof de sport.
Puis je m’interroge : par où commencer ? C’est toujours plus difficile de démarrer l’écriture quand j’ai réfléchi au personnage auparavant. Sinon je me laisser aller et ne fonctionne que par associations d’idées.
La voix comme point de départ, ce n’est pas mal.
Donc brouillon... je me lance... et on verra bien !

Je rédige la présentation de Lancelot d’un seul jet. Par erreur, je déchire - tout en téléphonant - le brouillon de Lancelot en petits morceaux après l’avoir dactylographié. Donc plus de trace de gribouillage... Dommage !
Puis je note :
Le côté dingo-marrant : très important d’offrir au lecteur (et à l’auteur !!) des moments de détente. On souffle par opposition aux passages durs. J’aime offrir une part de rire, permettre de rire ou sourire. S’autoriser à disjoncter.

En fin de matinée, je m’absente pour plusieurs jours (salon du livre et interventions scolaires). J’emporte mon classeur pour écrire... mais je ne trouverai pas le temps de le faire.
De toute façon, c’est dans mon lit que j’écris le mieux !! Du moins pour tous les premiers jets.


6 avril 06 :

Réflexions
Après presque une semaine d’absence, je reprends le roman en cours, inquiète d’avoir du mal à me "replonger dedans". C’est toujours difficile pour moi de replonger dans l’univers d’un texte en cours. C’est pourquoi j’aime tant écrire une nouvelle d’une seule traite (je ne sors pas de l’univers que je viens de mettre en place). Si je ne m’interromps qu’un ou deux jours, ça va.
Dans le cas présent, il ne s’agit pas d’avoir perdu le fil du récit, puisque je ne raconte pas encore l’histoire elle-même, je termine la mise en place des personnages.
Quand il y a coupure dans la rédaction, que faire ? Relire l’ensemble du texte (ou au moins une partie) pour m’imprégner de l’atmosphère, retrouver les personnages (l’histoire en général, ce n’est pas nécessaire). Et ici, relire aussi mes notes depuis le début... ce que je commence à faire.


Reprise des notes :
- J’avais choisi un gourmand qui ramène tout à la cuisine. Je ne l’ai pas utilisé ; il ne correspond pas à Gabrielle. Donc je le garde pour une autre fois.
- Le givré... qui ? je ne sais pas encore.
- Je place la présentation de Lancelot entre Gabrielle et Aurélia, car il vient contrebalancer les personnages difficiles. Si ça se trouve, je changerai encore l’ordre de présentation.
- Il reste la documentaliste motivée que je n’ai pas encore présentée.



VÉRONIQUE VERNE ou DUMAS, la documentaliste (suite) qui changera encore de nom de famille.


6 avril

L’anecdote des pinioufs, c’est plutôt pour l’histoire elle-même, pas pour la présentation.
Je dois commencer par la faire vivre en dehors du collège.
Son nom de famille : Galetine, bof ! Il faudrait plutôt un nom célèbre. Parmi les timbres achetés récemment : sur mon bureau se trouve une série faisant référence à l'œuvre de Jules Verne... Association d'idées : Véro pourrait s'appeler Verne ou Dumas. Véronique Verne ne sonne pas terrible. Véro Dumas qui a un petit faible pour les spectacles en costumes de cape et d’épée ? Peut-être... Mais ce serait plus constructif d’utiliser Verne par rapport aux livres et aux inventions prémonitoires.


Véronique Verne : pourquoi pas ! Elle aime bien imaginer être une descendante du célèbre Jules, même si cette hypothèse n’a pas été confirmée. Le CDI prend parfois des allures de Nautilus...

Je pourrais penser à faire le lien avec les films tirés d’œuvres de Jules Verne. Donc faire des recherches.
Je pourrais d’ailleurs écrire une pièce en rapport avec les livres de Jules Verne et trouver un parallèle pour l’histoire et le drame (avec l’un des textes).
Je décide d’envoyer un message à Valérie, l’amie documentaliste (spécialiste des pinioufs !), pour savoir comment elle va réagir par rapport à cette idée de Jules Verne.


Jules Verne... et pourquoi pas Véronique Verne ?



Parenthèses : ça y est ! Rien qu’en relisant quelques notes, j’ai « replongé » dans le texte.
Je griffonne encore quelques réflexions :
Pour entrer au CDI, faut-il montrer patte blanche ? découvrir le mot du jour ? Pourquoi pas le livre ou le personnage extrait d’un livre ? Ou le thème... idées multiples...
J’avais noté : ses deux enfants sont au collège. Son mari Rachid, sculpteur, bricoleur hors pair : garder ça à l’esprit.
Crinière de lionne blond roux. Voix forte, presque capable de rugir. A son franc-parler. Et j’ajoute : adore son boulot.



7 avril 06 :

Hier, trop de courrier et courriels avec les établissements scolaires, enseignants, bibliothécaires... je n’ai pas eu le temps de continuer.

Notes au réveil :
- J’aime bien utiliser un classeur quand je prépare un roman. Recherches, notes, réflexions à part. Texte dans une deuxième partie.
Le classeur me permet d’écrire sur n’importe quelles feuilles et de les perforer avant de les placer « aux bons endroits ». Je n’écris pas tous les chapitres ou passages dans le bon ordre - par exemple pour la présentation des différents personnages : je choisirai l’ordre final plus tard.

- Schéma-fil conducteur (voir premier schéma au début de l’article) pour visualiser : en général, je ne le fais pas tout de suite. Dans le cas de ce roman, je commence par mettre en place mes personnages principaux. Puis je dessinerai le schéma et penserai à la « mise en place de la première caméra » (c'est-à-dire la première image qu'on image au tout début de l’histoire elle-même.

Hier, je n’ai même pas eu le temps de dactylographier mes gribouillages. Résultat, c’est moins clair pour rédiger la présentation de Véro.
Du coup, je reprends ce que j’ai écrit hier matin... et je réalise que je n’ai pas fait les recherches sur Jules Verne.
Je rédige un petit pense-bête :
- donc noter des titres connus comme « 20000 lieues sous les mers », « Voyage au centre de la terre »...
- rechercher les films existants (j’en connais pas mal)
- recherches sur Jules Verne lui-même. Le visionnaire, ce côté-là me plaît beaucoup !


illustration de Jeanne Parello-Marneix



OÙ JULES VERNE APPARAÎT VRAIMENT...



7 avril suite :

Après avoir fait des recherches sur Jules Verne, et les avoir lues... je m’interroge.
L’idée d’une pièce de théâtre en rapport avec Jules Verne est intéressante, sachant qu’elle devra être courte, car j’aurai peu de place. Utiliser aussi tout ce qui touche au langage, aux mots...
Du coup, je vais axer sur Jules Verne une partie du roman, ne serait-ce que par le nom du collège.
Ce qui signifie d’une part que je dois trouver un autre nom pour Véro ; d’autre part que je dois changer dans le texte de présentation de Tanguy (premier texte dactylographié) ce qui est en rapport avec Jules Verne : le nom de la maison et la passion de la mère, cela ferait trop pour un seul homme !!

Voici le passage à modifier, tel qu'il était écrit dans le brouillon-premier jet (comme quoi Jules Verne insistait du haut de son petit nuage pour tenir une place importante dans ce roman !) :
••• Heureusement, la maison était grande. Hans Bjorg avait mis des années à la retaper, ses fils mettant la main à la pâte. Week-ends et vacances y étaient consacrés.. La vieille bâtisse se situait à la périphérie de la ville. Vingt minutes de bus pour aller au collège, mais avoir une forêt vierge n’était pas donné à tout le monde. Un jardin planté d’arbres fruitiers, de châtaigniers et de broussaille ! Un lieu magique où il avait construit des cabanes avec ses frères et imaginé un univers peuplé d’extraterrestres, d’espions ou de tyrannosaures réincarnés. Cette maison portait un nom qui en disait long : "Le tour du monde en 365 jours". Cannelle se plongeait dans les romans de Jules Verne à ses rares moments perdus et transformait chaque jour de l’année en feu d’artifice. Quant à Hans Bjorg, il était représentant pour une maison d’édition, spécialisée dans les cartes et guides touristiques. La collection des guides tapissait les murs de la salle de séjour. Des voyages de rêve à portée de regard ! •••

- Je réfléchis à la cinématographie, tirée de romans de Jules Verne.
Il faut que je revoie « Les tribulations d’un chinois en Chine » avec Belmondo, d’autres films comme « Le tour du monde en 80 jours » version 1956, et que je découvre celle de 2004 avec Jackie Chan.



Où le serviteur français devient un agent secret chinois !




Réflexions :
Certains films dérivent des romans sans en être des adaptations fidèles : ce point peut être intéressant à aborder.
Pour pouvoir aborder la comparaison adaptation/texte, je dois relire l’un des romans correspondant au film choisi.
- Je vais chercher un parallèle entre un des livres de Jules Verne et l’histoire que je raconte... ce qui n'est pas facile.
« 20000 lieues sous les mers » point commun avec le terrorisme ???
« Le Tour du monde en 80 jours »... c’est-à-dire environ un trimestre (deux mois et 20 jours). Ce qui peut être utilisable... À voir !
- Je découvre le titre d’une pièce de Jules Verne : « Pierre qui roule n’amasse pas mousse ». Déjà j’ignorais qu’il avait écrit du théâtre... et une pièce de ce nom. J’ai commis l'erreur de donner ce titre à l’une de mes pièces (créée en 1997 et parue dans le recueil « Le temps d’une danse » en 1999). Comme quoi, on en apprend tous les jours ! Et Jules Verne insistait déjà à l'époque pour que je replonge dans son univers... Qui sait !

pièce citée ci-dessus, téléchargeable sur le site www.leproscenium.com

Je commence à lire ou relire de nombreux romans de Jules Verne pour m'en imprégner...


lecture ou relecture...




Le collège vient d'être "baptisé" : COLLÈGE JULES VERNE !
... et Véro cherche toujours son nom.


J'envoie un mail à Valérie, la documentaliste sympa, pour la tenir au courant de la gestation du livre :
"[...] Le collège a trouvé un nom : Jules Verne. Même si ses livres ne sont plus beaucoup lus, j'ai envie de les faire "pétiller", et comme il y a eu de nombreuses adaptations cinématographiques plus ou moins fidèles, cela peut aider à créer un lien avec l'écrit. J'ai même envie d'écrire une pièce courte sur ce sujet qui interviendrait "sur le papier" au moment des ateliers théâtre. J'essaie aussi de trouver un parallèle entre l'un de roman de Jules Verne et l'histoire que je mets en place. Pas facile, mais passionnant à faire.
Mon dernier personnage qui est en train de prendre forme est la documentaliste se nommait d'abord Véronique Verne... mais le collège lui a piqué son patronyme ! Ensuite elle bien failli s'appeler Véronique Dumas (mais deux écrivains, c'était trop !). Alors j'ai cherché un nom en rapport avec le langage, un mot inconnu qui fasse rêver... J'ai ouvert un dictionnaire des mots rares et précieux. Falconelle me plaisait à l'oreille (variété de mésange australienne)... N'arrivant pas à me décider, je me tourne vers le vocabulaire de théâtre. Pourquoi pas Didascalies... vous voyez tout de suite le mauvais jeu de mots ?? Enfin, affaire à suivre ! Je piétine et dans ce cas-là, je passe à autre chose.
De toute façon, rassurez-vous ! la dénommée Véro n'est pas votre double..."



lecture ou relecture...




VÉRONIQUE FALCONNELLE OU DIDASCALIE... cherche toujours son patronyme


Samedi 8 avril :

Début du premier jet de Véro. J’ai du mal à écrire, car je ne suis pas dans le calme complet aujourd’hui (du monde à la maison).
Point intéressant à souligner : dès le premier jet, la vie de Véro est plus proche du collège que celle les autres.
Pour l'instant, le principal n'a pas non plus de nom de famille...

Comme je dois interrompre mon premier jet (la famille n'attend pas !), je note juste quelques idées en vrac :
Parler un peu du principal, de l’ambiance en général, des moutons noirs de l’équipe (ainsi les nomme l'un de mes amis, principal de collège) dont font partie le principal adjoint et une prof d’anglais nullarde (ça existe, hélas) - puis finir sur Véro et le théâtre.

C’est amusant de voir comment l’écriture d’une histoire peut être influencée par un élément extérieur, et très souvent par des recherches.
J’ai cherché un nom d’écrivain connu pour donner un patronyme à un personnage.
J’ai fait des recherches sur cet auteur et ai découvert des tas de choses que j’ignorais. Il me sera plus facile d'exploiter ces divers éléments si c’est le collège qui porte son nom (travaux et créations en rapport avec le nom de l’établissement, c’est plus logique). L’œuvre elle-même et les différentes adaptations par exemple cinématographiques auront sûrement une place importante dans le roman.




lecture ou relecture...




Dimanche 9 avril...

... Toujours au réveil en buvant mon thé, je relis le début de la présentation de Véronique, j'ajoute un passage sur ses enfants qui ne lisent pas, et me remets à écrire à partir du nom du principal, car en relisant ce bout de texte, je vois apparaître un ami prof moustachu. Son visage sera celui du principal du collège Jules Verne... et son nom peut-être aussi. Adjugé, vendu !
Hésitation :
Tout en écrivant, je peux modifier ou changer de direction, par exemple, je note : « Flavien Legoupil aimait répéter quelle était l’origine de son nom... », puis je m’interromps : ce serait trop long d’aborder ce point-là dans la présentation, j’y reviendrai plus tard. (et si ça se trouve, je n'y reviendrai pas du tout.)
Détail personnel :
Quand j’écris que les enfants de Véro ne lisent pas alors qu’ils ont été choyés question lecture, je fais référence à ma propre expérience. Parmi mes quatre fils, un seul gros lecteur tous azimuts ; deux passionnés de documentaires et revues ; un pratiquement réfractaire, alors qu’il lit avec beaucoup de facilité, mais "ce n’est pas son truc", sympa pour une mère écrivain !



début du brouillon "Véro"




Remarque : J'écris souvent en procédant par associations d’idées, quel que soit le sujet... Et quand je retravaille ensuite le texte, il arrive que je supprime le ou les éléments apparus grâce à cette technique.


Bilan, réflexions...




Jules Verne, présent au CDI...



Dimanche 9 avril 2006 :

Après la rédaction du premier jet de la présentation de la documentaliste Véronique (chapitre sans titre pour l'instant car rien ne me vient pas à l’esprit immédiatement) :
Je trace de nouveau le schéma du fil conducteur, et décide d'écrire l'histoire tout d'abord avec une seule fin, puis de faire lire mon texte à mon petit "comité de lecture" pour avoir leurs réactions. Puis j’écrirai les deux autres fins possibles en tenant compte des suggestions et réactions obtenues. (En fait, il s'agit d'une décision de départ... et je changerai d'avis à la fin de la rédaction, puisque les trois hypothèses seront écrites au même moment)




Je prends quelques notes concernant les éléments à retenir :
- Dinh (j’ai retenu ce prénom): le cauchemar lié au feu.
- Véronique : prémonition bizarre.
- Aurélia : côté mystérieux (que finalement je ne développerai pas).
- Gabrielle : graves problèmes personnels (aneroxie...)
- Prolix : pas net.
- Fred Barjo (qui changera de nom), à mieux cerner.
- Les correspondants éventuels (??)
- Une pièce en rapport avec Jules Verne, écrite par Véro, auteur à ses heures.
- Trouver un rapport entre « Le Tour du monde en 80 jours » et la durée un peu plus courte qu'un trimestre scolaire.

7 personnages présentés en parallèle :
Maintenant, les 7 présentations (premiers jets non retravaillés) sont écrites
Dinh, Candice (qui s'appellera Lou dans la version finale), Tanguy, Gabrielle, Lancelot, Aurélia (dont la présentation du début sera ensuite supprimée), Véronique.
Je dois relire ces premiers jets pour voir s’il n’y a pas de redites, si les 7 personnalités sont bien distinctes.
Il me faut choisir des façons de parler, rédiger les fiches d’identité (une fiche pour chaque personnage, en sachant qu'elle peut être modifiée à tout moment).
Puis soit me laisser aller, soit choisir des événements à placer sur le fil conducteur, tout en gardant Jules Verne à l’esprit.
Ce week-end, j’ai voulu revoir le film de 1956 « Le Tour du monde en 80 jours », la vieille cassette enregistrée était pourrie... pas moyen ! Il faut que j’en trouve une version DVD.

10 avril :

En ce qui concerne l’âge des lecteurs ciblé : surtout pas d’illustrations - le texte s’adresse plutôt aux 4e-3e, même s’il peut être lu avant.
Je relis toutes les présentations à voix haute. J’entends ce qui ne va pas, par exemple les répétitions, les phrases trop longues qui ne permettent pas de respirer, les redites (ex le mouton utilisé dans deux présentations, Dinh et Véro)... et je gribouille le texte imprimé. Il me faudra rentrer les corrections dans l’ordi et réimprimer dans la journée.
Il faut que j’ajoute la liste des personnages principaux en début de livre pour que les lecteurs puissent s'y reporter (comme pour certaines pièces de théâtre).

Fiches d'identité des 7 premiers personnages :
Aujourd’hui, rédiger les fiches d’identité et choisir des façons de parler, des tics de langage...
Je note en vrac :
• Véro : franc-parler mais sait se tenir.
• Dinh : son expression fétiche « j’aime qu’on m’aime » - penser peut-être à des expressions qui se rapportent aux animaux (voudrait être vétérinaire).
• Candice : « M’ouais... un brin » - phrases courtes.
• Tango : lui trouver une expression. Parle bien (style bon élève). Matheux peut-être aussi dans sa façon de parler.
• Gabrielle : mots cuisine (??) - faire référence aux tableaux.
• Lancelot : clichés et mauvaises blagues. Yaou tarzannien. Lapsus linguae. Doit être rigolo.
• Aurélia : phrases plus longues. Parle bien.


4 exemples de fiches d'identité des principaux personnages




L'histoire prend forme...


Premier chapitre après les présentations des personnages


10 avril 2006 :

Je décide de faire débuter l’histoire proprement dite au CDI. Véro a commencé à écrire la pièce, chacun ayant exprimé ses souhaits. Plusieurs pièces sont mises en place, dont une pour le petit groupe de personnages principaux, Fred Barjo se joint à eux mais uniquement comme figurant. « J’pourrais faire la pieuvre, ça m’irait comme un gant ».

11 avril :

Quelques idées germent :
1) Après la présentation des 7 personnages principaux, les mettre en scène au CDI pendant l’atelier-théâtre où la pièce en cours va démarrer ; puis arrivée déjantée de Lancelot et à la fin d’Aurélia. C’est Véro qui écrit la pièce en rapport avec Jules Verne.
2) Événement sportif marrant à prévoir.
Comment présenter la pièce ? peut-être en alternance tous les 2 chapitres environ ? Pour cela trouver une autre typo. La pièce drôle doit contrebalancer l’histoire elle-même qui va aboutir à un drame avant les trois fins possibles.


L'HISTOIRE PROPREMENT DITE DÉMARRE


11 avril, presque minuit :

... Avant de m’endormir, j’ai soudain le "crayon" qui me démange et je gribouille le début du premier jet de l'histoire elle-même.
Fred Barjo va se joindre à eux, mais ne veut pas causer.


début du brouillon de l'histoire proprement dite



12 avril :

Au réveil, je reprends le brouillon de la nuit et poursuis l’écriture du chapitre en cours jusqu’au début de la pièce.
Il y a des passages qu’il faudra compléter quand j’aurai revu le film « Le Tour du monde en 80 jours » (les deux versions) et relu le roman.

DINH et FRED :
Remarque : je vais être embêtée avec le prénom Dinh, « dit Dinh », ça ne colle pas ! mais ce prénom me plaît.

Puis je décide de modifier le nom de famille de Dinh (Lucas est trop proche de Daluc), et celui de Fred (Barjo c’est trop - il faudrait plutôt un nom en commun avec l’univers de Jules Verne, je retiens Némeaux pour ne pas marquer Némo... Fred ressemble à Kirk Douglas dans la version cinématographique de "20 000 lieues sous les mers" (photo à gauche), mais son patronyme changera dans la version finale)


Idée : Prévoir à la fin du livre un petit récapitulatif de la vie et l'œuvre de l'ami JV.


Les dés en sont jetés !


J'envoie les premiers chapitres à Valérie, la documentaliste sympa, qui est d'accord pour suivre l'élaboration de ce livre... en insistant :
" Vous vous retrouverez un peu dans la documentaliste femme-orchestre... et moi aussi ! J'ai l'impression d'avoir tendance à me projeter dans ce personnage hyper-actif. Je précise qu'un personnage fictif n'est jamais le portrait de quelqu'un que je connais, mais un mélange de détails vrais et d'imaginaire. "
Coïncidence ! Il y a vraiment des tas de points communs entre Valérie et Véro (il y en a plein que je ne connaissais pas en "créant" ce personnage. Étonnant, non ?)


L'ombre de Jules Verne va planer sur le texte...




LA PIÈCE EN GESTATION


Réflexions à propos de la pièce à écrire que je monterai avec mes élèves de théâtre.
Je me laisse aller et griffonne le contenu de "ma boîte à idées".
Le réalisateur est soit connu, soit un illustre inconnu qui peut s’écrier :
« Ah, jules Verne, si j’avais vécu au 19e, j’aurais été toi. Depuis toujours je rêvais de te rendre hommage. Mais j’ai eu tellement peu d’argent que mon budget est des plus ridicules. Du coup, j’ai fait appel à des comédiens qui acceptent d’être payés des clopinettes. Et clopinettes est un bien grand mot. Mon scénario est un peu tiré par les cheveux, mais tu sauras me pardonner. Si tu avais été là, tu m’aurais donné un coup de main. » (Finalement, le réalisateur ne dira pas ça... mais vous pouvez le garder en mémoire...)
Comment peut-il s’appeler ? Monsieur Zigfredo ? Non, ça ressemble à Fred. Réalisateur interprété par Tango ?
Peut-être penser à un huis-clos, ce qui est toujours plus facile à écrire.
Petite équipe restreinte car le réalisateur a été lâché par le producteur et qu’il a mis tous ses sous dans ce projet.
Humour grinçant : au théâtre, on peut rire avec la mort, ce qui est intéressant quand on fait le parallèle avec la vie de tous les jours.
Le caméraman : l’âme damnée du réalisateur.
Les 4 comédiens, embarqués dans la même galère.
Ils ont tous été déposés sur une île déserte par hélicoptère avec réserve de nourriture pour 80 jours (c’est beaucoup pour un tournage de ce type - à réduire). Et la script ? Pas de sou ! Et la régie ? pas de sou ! le caméraman se charge de tout. Et le maquillage ? Le caméraman est top, il sait tout faire. Et le perchman ? Pas de sou ! Mais Lancelot pourrait jouer le perchman en tant que champion de saut à la perche.
L’île est plutôt mystérieuse... vous êtes sûrs qu’un Némo quelconque ne se cache pas dans le coin ?
Quelqu’un pourrait dire :
" Je rends mon tablier !
— Tu pars à la nage ?
— Allez, silence, on tourne ! »


La pièce se déroule sur une île qu'on croit déserte...
comme dans "L'Île mystérieuse" de Jules Verne.



Peu de personnages disponibles car il faut tenir compte des acteurs potentiels :
1) le réalisateur - Tango ?
2) le caméraman, homme à tout faire (on lui doit une fière chandelle à ce Fred qui s’est joint au groupe)
3) un garçon, petite taille si c’est Dinh qui doit jouer.
4) une fille jouée par Gabrielle
5) une fille jouée par Candice (future Lou)
7) perchman peut être joué par Lancelot
8) Surprise finale par Aurélia.
Remarques : pas beaucoup de personnages féminins chez Jules Verne : le faire dire à Véro.
Références possibles :
Chercher des détails sur les œuvres peu connues. Ex "L’île à hélice", "Le Sphinx des glaces"... au titre tentant.
Va-et-vient pièce/réalité (histoire elle-même) :
Idéal : concevoir une pièce qui a des points communs avec l’histoire ou bien des répercutions.


Le Tour du monde en 80 jours



Réflexions liées à la lecture du "Tour du monde en 80 jours" et au film tiré de "20000 lieues sous les mers" :
- Le soir, je poursuis la lecture du « Tour du monde en 80 jours » où Phileas Fogg est accusé d’être un voleur de banque, ce que j’avais oublié (+ référence au canal de Suez) . Tout à fait livre jeunesse axé sur l’action (rapidement abordée, sans approfondissement psychologique).

- Puis je visionne « 20000 lieues sous les mers » (1954) que j’avais vu plusieurs fois il y a longtemps. Aucune femme à part deux prostituées au début. Etonnant cet univers uniquement masculin qui est encore celui des bateaux actuellement (ex marine marchande). Juste la femme de Némo, morte sous la torture, évoquée à un moment.
Ce personnage rongé par la haine renvoie à certains attentats actuels (pas ceux des fanatiques religieux), mais par ex de femmes palestiniennes dont les enfants ont été tués et qui se font exploser.
Propulsion atomique, bombe atomique (pas nommées ainsi évidemment) : puissance soit bénéfique, soit maléfique et destructrice. Ça, c’est un point très intéressant, est-ce présenté ainsi dans le roman ? à vérifier.
Le professeur français est plus humain que Fogg - il est prêt à donner sa vie pour son domestique, et vice versa.
Vérifier que l’otarie Esméralda existe dans le roman, et l’utiliser dans la pièce (excellent).
Comme on peut le constater, bon nombre d'idées tomberont dans l'oubli ou seront mises de côté !


Adaptation de "20 000 lieues sous les mers" (1954)




ÉCRITURE DE LA PIÈCE qui s'appellera ultérieurement "S.O.S. Jules Verne !"
ET POURSUITE DE L'ÉCRITURE DU ROMAN


13 avril :

Je relis les notes sur la pièce. J’essaie de reprendre ce qui m’intéresse.
Le réalisateur, le caméraman, le perchman qui s’occupe du son, et trois acteurs ex-chômeurs, exploitables à merci, devant assurer tous les rôles. Très peu de moyens financiers, la production les a lâchés, et le réalisateur a investi dans son projet tout ce qu’il avait.
Je gribouille un vague fil conducteur pour le début de la pièce que je vais écrire directement à l’ordinateur (c’est le seul type de texte que je n’ai pas besoin d’écrire entièrement à la main dans un premier temps).





Je décide que le début de la pièce s’arrêtera sur la question concernant le perchman pour que Lancelot puisse proposer sa participation (penser aux lapsus). Il faudra tenir compte du fait qu’il mesure 1m95... à côté de Dinh, c’est une grosse différence.
- Pour la fin du chapitre (après la pièce interrompue) : analyser les sentiments des uns et des autres, leurs réactions par rapport à la pièce.
"On verrait bien Tango comme réalisateur. Mais il faut qu’on ait autant de texte chacun !
— Pas moi, dit Fred.
— Les grognements, ça te va ?" (ou bien le caméraman aurait perdu la langue dans une occasion particulière ? ...choix à faire. Peut-être auprès du sphinx des glaces ??)
À la fin du chapitre, arrivée d’Aurélia. Tout se passe bien ? Pas besoin de remplaçant ? Pour l’instant non, on commence tout juste.

Jules Verne est omniprésent...


Je continue à me documenter sur sa vie et son œuvre, à lire ses romans et nouvelles, mais également des articles le concernant. Je m'imprègne de son univers...
Au fur et à mesure, je prends des notes, m'interroge, etc. Bien sûr, de nombreuses pistes ne seront pas suivies ou utilisées.


Recherches à faire par rapport à l’œuvre de Jules Verne :
Voir ce qu’est « P’tit Bonhomme » qui fait penser à Dinh à cause de la taille, et ne pas oublier « Tribulations d’un Chinois en Chine ».
« L’invasion de la mer » : voir si je peux faire un rapprochement avec le réchauffement de la planète et la montée du niveau de la mer.
- Je me plonge dans le contenu des différents romans (et nouvelles).

Sa vie est aussi la porte ouverte à de nouvelles pistes d'écriture :
- Verne était l’ami des Alexandre Dumas père et fils (intéressant... et coïncidence, j'avais hésité entre Dumas et Verne comme patronyme pour Véro).
Né à Nantes, a vécu au Crotoy (il a souvent vu la montée de la mer dans la baie de la Somme... qui m'a personnellement fascinée), puis à Amiens (cirque).
- "Face au drapeau" avec un savant fou. L’ingénieur Turpin a servi de modèle, il a attenté en vain un procès à Jules à cause de ça (1896).
Inspiration : Intéressant de préciser que souvent un auteur s’inspire de détails de personnes rencontrées ou célèbres, que ce soit consciemment ou inconsciemment.

Je note des idées pour la pièce :
- L’île en Asie pour faire le lien avec l’origine de Dinh.
- Le réalisateur se comporte peut-être comme un père castrateur : réactions de Candice. Ou reprendre le terme limace quelque part.
- Rapport à la nourriture pour Gabrielle, ex à bord du Nautilus il n'y a que des produits de la mer.
- Trouver : le lien entre la pièce et le réel.
Idée qui sera retenue un peu différemment : Ex à la fin de la répétition, passage d’un hélico au-dessus du collège, ça fait rigoler les élèves, mais ça met Véro mal à l’aise car cela rejoint le drôle de malaise qu’elle a parfois.
- Idée notée à comparer avec la fin de la pièce telle qu'elle est écrite : Ne pas oublier Jane dans la pièce (rôle pour Aurélia) qui pourrait arriver en montgolfière ou vaisseau aérostier comme Robur-le-conquérant, ou encore en sous-marin miniature. (Véro annoncera alors à Aurélia : je t’ai préparé une surprise).

Détail très intéressant sur la biographie de Jules Verne :


Jules Verne est avant tout un auteur de pièces de théâtre. Malheureusement pour lui, les pièces écrites avant qu'il ne devienne romancier (et célèbre) n'ont guère connu de succès, du moins pas assez pour le faire vivre. Il a écrit ses romans comme il aurait écrit des pièces de théâtre et il n'est donc pas surprenant de voir qu'il a ensuite adapté plusieurs de ses romans pour la scène (par exemple "Michel Strogoff").
LE LIEN ROMAN-THÉÂTRE REJOINT L'UNIVERS DE JULES ! Chic, encore une coïncidence !


Où l'on voit comment la pièce s'imbrique dans le roman...
ou plutôt comment le roman vient s'articuler autour des différentes scènes.



13 avril suite :

J’écris le début de la pièce et la fin du chapitre (qui s'appellera "Adaptation cinématographique") à partir des notes gribouillées.
Finalement, Aurélia n’apparaît pas encore.
Remarque : difficile d'amener les personnages à faire de l’introspection quand ils sont tous tous réunis. Ce sera plus facile séparément.


Exemple de notes et idées gribouillées
au fil de l'écriture du roman et de la pièce,
de la lecture des livres de Jules Verne et des nombreuses recherches sur l'auteur.



14 avril :

Je continue à écrire tout en poursuivant mes recherches et en lisant de nombreux romans de Jules Verne. Au fur et à mesure, je prends des notes, gribouille des idées... Sur l'exemple ci-dessus, on peut comprendre que j’ai du mal à me relire !!
Question : Peut-être avancer sur l’écriture de la pièce qui va entraîner en parallèle l’histoire elle-même. D’où deux schémas fil conducteur distincts avec des recoupements. (L'idée des deux schémas en parallèle sera vite abandonnée)
Alternance pièce - événement avec tout le monde ou certains, ex épreuves sportives - puis un ou deux personnages pour introspection, tous ensemble c’est trop difficile.


Où la lecture alimente l'imaginaire !
"Le Testament d'un excentrique" va être à l'origine du chapitre LES 12 TRAVAUX.
Les messages à déchiffrer de "Mathias Sandorf" seront repris dans les épreuves du jeu de l'oie des 12 Travaux.



Idée de jeu qui renvoie à l'univers de Jules Verne, idée liée à la lecture du roman "Le Testament d'un excentrique" :
Les 12 travaux : sorte de jeu de l’oie géant (comme dans le roman de Jules Verne "Le Testament d’un excentrique") - chaque épreuve sportive (ou non) étant liée à un thème de Jules Verne.

En permanence, va-et-vient entre l'écriture de l'histoire et de la pièce d'une part, et de la vie et l'œuvre de Jules Verne d'autre part.


• Je reprends mes documents sur les romans de Jules Verne que je n'ai pas encore lus - j’avais déjà souligné certains titres dont le contenu pouvait se retrouver dans la pièce : d’où un esprit de parodie dingo à cause du décalage film déjanté/œuvre de référence)

• Je gribouille des idées dans le désordre pour la pièce
C'est intéressant de voir quelles sont celles qui seront finalement retenues, en relisant la pièce finale :
- mise en situation des Robinsons comme dans certains romans. L’oncle Robinson 1861, ni fini ni publié, qui a été repris pour la première partie de l’Ile mystérieuse. "L’école des Robinsons". "2 ans de vacances".
- puisqu’il y a un perchman disponible, y faire référence dès le début (le grand type qui était dans l’hélicoptère) que Véro va obliger à ne pas faire de lapsus, ni pousser des cris de Tarzan.
- l’un des héros de la pièce filmée est un professeur de l’éminent Excentric club (comme dans "Le Testament d'un excentrique") à déplacer en France. Ce sera Lissy qui l’interprétera.
- les 3 héros (le professeur et 2 personnes) se retrouvent seuls sur une île après un naufrage, comme dans plusieurs romans de Jules Verne. Dick sera le domestique du professeur, comme Passepartout pour Phileas Fogg ("Le Tour du monde en 80 jours"). Dick refuse - il veut être son fils spirituel, un peu Kin-Fo par rapport à maître Wang dans "Les Tribulations d’un chinois en Chine". Le nouveau J-Paul Belmondo, ça d’accord ! Avec un contrat pour toucher l’assurance-vie ? Le tuer ? Non, mais combattre par les cartes, le poker ou ce genre de truc... pourquoi pas ?

- bouteilles contenant des messages (décidément, j'aime bien les bouteilles à la mer).
Il y en a plusieurs fois dans les romans de Jules Verne (ex "Les enfants du Capitaine Grant", "20000 lieues sous les mers" (à vérifier pas que dans film), "Un billet de loterie". L’une a été lancée par Aurélia - les autres : pub et annonces météo qui déferlent et polluent la plage.
- puis une subite glaciation pour faire référence aux récits tels : "Voyages et aventures du capitaine Hetteras", "Le pays des fourrures", "L’épave du Cynthia", la nouvelle "Un hivernage dans les glaces". Réaction : grève générale avec banderoles et grève de la faim ??
- la jungle impénétrable où vivent des cannibales (thème qui revient aussi dans les romans) ou Les Wagdis mi-hommes mi-singes comme dans "Le village aérien".
- L’invisibilité, ça commence à faire beaucoup (il faudra faire des choix), comme dans "Le Secret de Wilhem Storitz", mais les acteurs pourraient en parler. On devient invisible, on pique la bouffe, et on s'en va... Ah oui ? Comment ? Retour à la case départ.
- monstre des mers ("Les histoires de Jean-Marie Cabidoulin", "20000 lieues sous les mers"), quand les Robinson voient des mouvements marins et entendent de drôles de bruits. Et ce sera l’arrivée du mini-nautilus.
- rayon vert (comme dans le roman du même titre - et nom de famille de Héléna)
- volcan éteint, qui ne les mène nulle part, mais rempli d’or ("Le météore", "Voyage au centre de la Terre" + référence à "20000 lieues sous les mers")
- L’esclavage, thème repris par Jules ("20000 lieues sous les mers" dans le livre, transformé dans le film en bagne - "Un capitaine de 15 ans" - "L’archipel en feu"), abordés par les acteurs qui veulent se syndiquer. Hélas, à trois, c’est peu !
- Météore ("Le météore" - qui est en fait en or) peut-être ce qui a à moitié bouché le volcan.
- sous-marin à utiliser à la fin.
- montgolfière ou ballon ?
- manifestations surnaturelles (comme dans "Le Château des Carpathes")
- Dans la plupart des romans, il y a au moins un méchant - réaction d’Héléna qui trouve cela manichéen. Chacun a sa part d’ombre et sa part de lumière. Et pas question de laisser la femme dans son rôle de femme-objet, on n’est plus au 19e — dans ma fiction si justement ! réplique le réalisateur.


Nautilus et monstre des mers !
L'un des premiers films que j'ai vus quand j'avais douze ou treize ans...
Je m'en souviens comme si c'était hier !



• Autres idées pour la pièce (où l'on remarque que je me laisse totalement aller en notant ces idées... et qu'elles sont souvent sans queue ni tête) :
- Le caméraman peut se révéler bavard à la fin, exprès pour "bouster" l'acteur Fred !
- Héléna peut prendre la place du réalisateur, soit fou, soi assommé.
- Le professeur meurt d’une indigestion de cannibales - Lissy réagit violemment : quoi mon rôle s’arrête là ? et je vais me tourner les pouces jusqu’à la fin du tournage. Mais non, surprise ! quelqu’un arrive à la nage, comme "Mathias Sandorf" qui traverse la mer Adriatique à la nage — quelqu’un qui fait le tour du monde à la nage. C’est tiré par les cheveux. Le réalisateur donne une perruque à Lissy : justement, c’est la fille du professeur qui était partie à sa recherche (dans plusieurs romans de Jules Verne, on retrouve ce thème de recherche d’un personnage qui a disparu). Ils font un essai et se marrent trop tellement c’est bête. Surtout le caméraman. Il faudrait mieux que le fille arrive dans un sous-marin, mais on n’en a pas. Si, on en a apporté un en pièces détachées au cas où. Non, je rêve ? Ils montent le sous-marin comme des légos, avec propulsion à pédales, dynamo branchée sur le système, il faut pédaler fort.



fil conducteur de la pièce
(qui s'appellera ultérieurement "S.O.S. Jules verne !")




Mise au point finale du schéma fil conducteur de la pièce (avant d’éventuels changements)

:
J’ai mis en place les personnages de la pièce.
Puis j’ai repris le contenu des romans, retenu certains thèmes et j'ai essayé de placer ces thèmes sur le schéma, en remplissant le début, puis la fin en premier.
Je répartis les points principaux (en italiques plus haut, ex volcan, etc.) de façon plus ou moins logique.
J’arrête, car a priori cela va me suffire pour écrire le premier jet de la pièce - au clavier, contrairement à la partie narrative (comme je l’ai expliqué précédemment).

ANAGRAMMES
Jules Verne utilisait aussi des anagrammes et des jeux de mots pour donner des noms à ses personnages :
- par exemple dans "De la Terre à la Lune" : l’aéronaute Ardan qui est l’anagramme de Nadar, un ami de Jules qui était aéronaute et photographe.
- "Gil Braltar", personnage et titre d'une nouvelle.
- T. Artelette (dit Tartelette), prof de danse et de maintien dans "L’école des Robinsons"
- "Hector Servadac" : dont le nom de famille est à lire à l'envers.

14 avril suite :

Je poursuis l’écriture de la pièce après ces longues réflexions.

LA PIÈCE (suite et fin)
Carnet de bord (suite)


1er mai 2006 :

Pendant plus de 15 jours, je n’ai pas eu une minute pour poursuivre l’écriture de ce roman (stages de théâtre avec deux pièces supplémentaires à écrire pour les participants, déplacements, etc.). Je reprends enfin mon travail en cours avec toujours l’appréhension du temps nécessaire à la réadaptation. La crainte aussi de réaliser que ça cloche. Je vais recommencer par l’écriture de la pièce, ce qui est pour moi le plus facile.



Lecture et visionnage
Entre-temps : j’ai fini la lecture des "Tribulations d’un chinois en Chine", plus approfondi sur le plan psychologique que "Le Tour du monde en 80 jours". Quand JV ne se lance pas dans des descriptions à fioritures, belle écriture.

Puis j’ai regardé le film avec Belmondo, film que je n’ai pas apprécié (tout est question de goût). Transposé dans les années 60 ou 70. Granguignolesque. Il n’y a plus ce que j’avais aimé dans le livre : la Chine de la fin du 19e et le creusé des différents personnages.

J’ai également revu "Le Tour du monde en 80 jours" version 1956. C’est très intéressant de comparer avec le livre. Par exemple, toute la partie située en Espagne n’existe pas dans le livre et à aucun moment, le Fogg du livre utilise une montgolfière.
Il faut que je loue la version de 2004 pour comparer.
(Pour quelques lignes dans la version finale, des heures de travail en ce qui concerne la comparaison livre et adaptations cinématrographiques !!)
En ce moment, lecture du "Château des Carpathes". Des phrases plus ou moins antisémites par moments. Mais le texte et les personnages sont très intéressants - j'apprécie surtout le rapport à la musique et à l’opéra.





2 mai 2006 :


Je reprends le schéma fil conducteur de la pièce. Je relis le début et écris la suite en tenant compte du schéma, en condensant plus ou moins certains passages pour que la pièce ne soit pas trop longue car elle doit être incluse dans le roman sans l’envahir. Finalement, je l’écris à la main, ce qui est rarement le cas quand j’écris du théâtre. Mais il fait beau et j’en profite pour travailler dehors au soleil. Comme toujours, l’écriture théâtrale est pour moi un vrai délice, un flot continu qui “sort tout seul”.
Puis je dactylographie la pièce, relis le tout et modifie des détails.

3 mai :

Je relis le texte de la pièce en entier. Ça roule ! (il y aura très peu de mots et phrases modifiés dans la version finale)
Il me reste à monter la pièce avec les élèves de mes ateliers de théâtre. Et ce sera un vrai plaisir !



ÉCRITURE DU ROMAN EN TENANT COMPTE DE LA PIÈCE



3 mai (suite) :

Maintenant, je vais devoir bâtir une deuxième schéma en y incluant non seulement le précédent (celui qui concerne la pièce) et les éléments de l’histoire réelle. Celui-ci va être beaucoup plus complexe à mettre en place ; les passages de la pièce s’imbriqueront telles des pièces de puzzle entre les différents événements de l’histoire, et vice versa. La pièce influe sur l’histoire elle-même.
Je prends donc une longue feuille et trace le nouveau schéma.
(Le schéma que j’ai pris en photo est le schéma final ; ce qui est écrit en vert est postérieur - ce sont tous les ajoutes et modifications que je ferai au fil de la rédaction.)


En rouge : répartition des scènes de la pièce.
En noir : les événements évidents (spectacle, drame).
En bleu : idées et éventuels passages.
En vert : lors de la rédaction ultérieure du texte, le premier texte avant les modifications finales.
(on se rend compte que le schéma évolue continuellement)




En rouge : répartition des scènes de la pièce (une ou deux à chaque fois).
En noir tout de suite les événements évidents (spectacle, drame).
En bleu : au fur et à mesure que je relis toutes mes notes et que des idées jaillissent, je gribouille d’éventuels projets de passages, ne sachant pas si je les conserverai ou non, si je les déplacerai ou modifierai.
Par ex : Les 12 travaux d’Hercule, vers le début, c’est sûr. Inspirés du jeu de l’oie géant du roman de Jules Verne, « Le Testament d’un excentrique ».
J’essaie de trouver des idées en rapport avec le passage de la pièce qui précède, par exemple un message anonyme agressif, signé J.A. / Le coup de foudre réel entre Lancelot et Aurélia. etc.
Je relis toutes les notes concernant les romans de Jules pour déclencher de nouvelles idées d’événements. Pas vraiment de résultat de ce côté-là.

Je note également les réflexions qui me passent par la tête :
- Liste d’événements possibles :
• Les 12 travaux
• Le matériel fabriqué par Rachid : perche, fausse caméra, Nautilus, arbre. Fred pourrait l’aider.
• Candice peut se proposer comme script pour la liste des accessoires et costumes.
• Lettre de menace.
• La cantine : important par rapport à Gabrielle.
• L’explosion en chimie (mais il faut que je vérifie quel est actuellement le contenu des cours de chimie en 3e)
• Réunion parents-profs et orientation.
- Penser à...
• Jules Verne fait beaucoup appel à la géographie (penser au programme actuel en classe de 3e)
• Jules Verne anti-esclavagiste, mais aussi anti-allemands (garde-côte au Crotoy pendant la guerre de 70-71 - cf « Les 500 millions de la Begum », « Le chemin de France »), et souvent limite antisémite dans certains écrits. Egalement très souvent manichéen (le méchant de l’histoire).
• dans les romans de Jules, recherche de personnes ayant disparu, par exemple dans « Le superbe Orénoque » « Mistress Branican » « Les enfants du Capitaine Grant »...
• surtout faire ressortir les différentes personnalités.
• ne pas oublier de vérifier les façons de s’exprimer. Les lapsus de Lancelot.


passage dactylographié, relu à voix haute et modifié ultérieurement




- Interrogation :
Je suis en train de me demander si Aurélia, en tant que personnage très détaillé et présenté dès le départ, ce n’est pas de trop. 7 c’est beaucoup. Elle pourrait n’être que comme Fred, un personnage secondaire, et ce qui la concerne interviendrait quand elle est présente ou qu’on fait allusion à elle. Par contre, développer un peu plus Fred.
(En effet, le personnage d'Aurélia ne sera pas présenté à part dans les versions ultérieures)



4 mai :

J’ai fini hier soir de lire « Le château des Carpathes »... et je griffonne quelques remarques.
Pas mal du tout. Les personnages existent vraiment. Verne mêle exploitations scientifiques, passion du chant (opéra), lieu étrange... Etonnant le passage d’un héros à un autre en cours de livre : le forestier, puis le comte qui à la fin n’est plus le centre non plus. Manifestations surnaturelles qui s’expliquent scientifiquement à la fin. D’ailleurs c’est ce qui est gênant : l’intervention du narrateur disant bon il est temps que je vous explique ce qu’il s’est passé, d’où distanciation par rapport au texte.

Ce matin, je vais essayer de rédiger l’un des passages du roman. Lequel ? Mystère.
Je joins une amie concernant le programme de 3e : en géo, ex Japon, union européenne. En avril peut avoir lieu une réunion pour les orientations. En chimie : expériences du genre précipités, dépôts colorés. Physique : électricité, oscilloscope. (Encore des piste qui n’aboutiront pas !)



5 mai :

Oralisation : je lis toujours mes textes à voix haute, même s’il s’agit d’un roman de 350 pages ou plus pour adultes.
Pour moi, le rythme et la musique des phrases sont primordiaux. Un point après une phrase très courte peut s’accompagner d’un silence. Une rupture de rythme, si elle n’est pas voulue (en liaison avec ce qu’on raconte), donne une sensation "bancale"...
• Je relis le texte à voix haute à partir du chapitre 7.
• Je change par exemple certains noms des personnages de la pièce (Vert en Magellanie, Sable en Hatteras — toujours en rapport avec l’œuvre de Jules Verne).
• Je gribouille le début du chapitre après les scènes 3 et 4 - pas terrible.
Puis en jet continu tout ce qui concerne Gabrielle (à partir d’un fait vécu avec l’une de mes élèves de théâtre).
• Je saute le chapitre des 12 Travaux à rédiger indépendamment et commence le chapitre suivant qui précédera la scène 6 de la pièce.
• Je prends quelques notes et idées concernant la suite.
Le personnage de Véro est à la fois très proche de Valérie, la documentaliste sympa, et de moi-même (dans sa relation aux jeunes, sa passion du théâtre et son côté hyper-actif).

Mais la journée passe vite car j’ai mille choses à faire ; du coup, je n’ai pas le temps de dactylographier tout mon brouillon (dactylographier le texte que j’ai écrit d’abord à la main est toujours une corvée, même si je tape très vite).

6 mai :

Reprise du chapitre précédent en cours et notes concernant le chapitre suivant (orientation des 3e avec présence des parents).

Plus tard...



longue interruption...
mais Jules Verne est toujours présent
dans un coin de ma tête !



19 juin 06 :

Depuis le 6 mai, j’ai continué à lire de nombreux romans et nouvelles de Jules Verne.
Je reprends enfin le roman après un très long arrêt, dû aux déplacements et autres travaux en cours. C’est difficile de s’y replonger.
Avant de tout relire à voix haute pour pouvoir poursuivre, j’étale le fil conducteur sur lequel sont réparties les idées. J’ai envie de noter d’autres idées ou d’en développer rapidement certaines.
Il faut que je pense à axer certains épisodes sur l’un ou l’autre des jeunes pour faire écho à la présentation de départ.
Finalement, je ne note pas grand-chose ; je ne suis pas encore dans le bain. Il faut vraiment que je relise l’ensemble.

20 juin :

Hier, je n’ai pas réussi à replonger dans l’univers du roman ; l’arrêt a été trop long.
J’écris la suite narrative de la scène qui se termine par l’explosion, puis je la dactylographie.
J’écris ensuite le début de la rencontre avec l’écrivain pour partir sur quelque chose de nouveau.


début du brouillon "Ecrivain célèbre"
Où l'on voit la recherche d'anagrammes pour le nom...



J’ai appris récemment que Jules Verne était un initié. Je compte donc faire des recherches sur internet à ce sujet, sachant que c’est un sujet trop complexe pour le niveau visé. Mais on ne sait jamais, il y aura peut-être des éléments à retenir.
J’ai pensé à ajouter les stages que font les élèves au collège, ce qui permet de faire vivre les quatre ados principaux dans un autre contexte.


Association de mots et d'idées :
resto - île flottante - Ville flottante...



21 juin :

Je vais essayer d’écrire le chapitre “Stages” en me laissant aller. Si le résultat n’est pas satisfaisant, tant pis, je ne conserverai pas le texte.
Comme on peut le constater, les


associations de mots et d’idées interviennent sans arrêt.
Par exemple pour le stage dans le restaurant de poissons : Gabrielle ---> problème avec la nourriture tout en rêvant de faire une école hôtelière ---> dessert île flottante ---> ce qui me fait penser au titre du roman de Jules Verne “Une ville flottante” ---> qui est le nom d’un gros bateau ---> qui dit bateau dit mer, d’où un resto de poissons !



Écriture du chapitre concernant les stages : comme je pars de deux nouveaux personnages : le patron du resto et la vétérinaire (à vous de trouver le lien avec le roman "Michel Strogoff"... bon, d'accord, c'est évident !), ça coule sans problème, sans interruption aucune.
Ensuite, je dactylographie l’ensemble.


début du brouillon "Stages"



Puis je fais le point sur le fil conducteur (voir plus haut). En vert sont notées les modifications par rapport au plan initial.
Je décide de resserrer les scènes 7 et 8 qui sont très courtes, de supprimer le passage à la cantine pour condenser plus sur le CDI — l’anniversaire de Gabrielle sera fêté au CDI)
Du coup, j’écris la suite du chapitre après les scènes 7 et 8, et je termine l’écriture du chapitre “Ecrivain célèbre”, commencé hier.
Je n’ai pas le temps de dactylographier les derniers brouillons.

22 juin :

Il ne me reste plus qu’une semaine pour tout boucler, le WE en moins et vendredi après-midi absente, cela va être difficile.
Je voudrais avoir terminé la rédaction, donner en lecture à mon petit comité sympa et laissé reposer avant de me rendre à l'autre bout de la France pour aider l'un de mes fils à faire son déménagement et assister à sa remise de diplôme... puis de faire quelques jours de gros travaux. Ah, j’oubliais ! En plus il me faudra corriger un livre de contes avant de l’envoyer, faire des réponses variées, etc. et j’en passe et des meilleures. La fin de l’année scolaire est toujours surchargée.
Réflexions :
Plus j’y pense, plus il va falloir que je développe des fausses pistes, et pour cela j’ai besoin par exemple du personnage de la pionne Jane ou d’une autre. Les possibilités de malversation sont trop restreintes si l’on exclue les personnages principaux : 4 ados + Fred, Aurélia, Véro qui étaient ensemble quand la lettre de menaces a été affichée — Lancelot pas possible que ce soit lui. Restent Legoupil, Prolix, c’est trop peu.
Il faut rédiger le chapitre des “12 Travaux”, le début de la réunion avec les parents, le début des manifestations surnaturelles : donc des espaces où faire vivre d’autres personnages... par exemple : la pionne, la prof d’anglais ramollo, un ou deux élèves secondaires.
Rester logique, c’est important !
Je m’interroge : pourquoi en vouloir à quelqu’un ? Qui peut placer un message agressif ? Quelqu’un de dingo, ou de schizo, ou bien qui a été repoussé (échec amoureux). Pour en arriver à mettre le feu, c’est grave.
Je repense à une expérience personnelle : une connaissance d’un de mes fils, qui sortait d’hôpital psychiatrique, téléphonait jour et nuit (ou faisait téléphoner par un copain à la voix grave), sans parler ou en prononçant des menaces ; elle avait même envoyé une lettre de menaces (« Tu vas le regretter », etc.) J’avais fini par porter plainte à la gendarmerie ; il y a eu enquête. Il s’agissait finalement d’une fille qui avait été au collège avec l’un de mes fils, ce dernier s’était moqué d’elle une fois en classe de cinquième et elle faisait une fixation sur un événement vieux de 8 ans environ. Lui ne se souvenait absolument plus de la fille en question. Donc les dingos, ça existe.
Je peux utiliser aussi les coups de fil anonymes.

Parfois des constatations qui remettent des passages en question... mais ceci parce que la structure de ce roman en cours est complexe (va-et-vient entre la pièce et l’histoire, et ricochets de l’une sur l’autre sans tomber pour autant dans un roman fantastique).
Le début du chapitre “Manifestations surnaturelles” n’était qu’une suite d’idées. Je le développe avec Lancelot et Aurélia, puis l’arrivée de Jane pour créer une fausse piste.
Je vérifie que ça colle avec la réception de la lettre de menaces. Zut ! Celle-ci est déjà arrivée... Donc, je déplace le brouillon que je viens de rédiger. Ce passage va se situer avant la scène 5, et non la scène 6.
Ensuite, je rédige le début du chapitre avant la scène 9, à partir d’idées envoyées par Valérie, la documentaliste sympa (vraies anecdotes de C.D.I. dont une seule subsistera dans la version finale).
Enfin je dactylographie tout ce qui est resté à l’état de brouillon.

23 juin :

Je rédige de petits passages précédant ou suivant les dernières scènes et je dactylographie l’ensemble.

24 juin :

Je note des tas d’idées pour la répétition générale et le spectacle.

26 juin :

Chapitre "Réunion mouvementée"
• J’essaie de développer le début de la “Réunion mouvementée” où certains points tenaient en deux lignes.
Idées telles que je les avais notées :
- Prolix passe et repasse, fouineur. « Franchement, j’aime pas ce type », dit quelqu’un.
- dans le gymnase Lancelot et Marine. Le prof de sport — tête en bas et pieds en l’air contre un mur — répondait aux questions des sportifs et des nombreuses mères qui se pressaient pour admirer l’Apollon.
- la prof d’anglais ramollie qui a beaucoup ri avec l’anecdote sur son père terroriste (l'un de mes fils avait fait ça en remplissant une fiche en début d'année pour la prof de musique dépressive qui d'habitude ne riait jamais... sauf quand elle m'avait raconté cette histoire).
- mettre en scène les parents présentés au début ; par exemple les deux parents de Candice ont voulu être présents et ils s’engueulent en public.

• Je pars tout d’abord de cette idée : "Prolix passe et repasse, fouineur" et rédige le texte (il y aura des modifications dans la version finale). Du coup, je donne vie à la bande-à-Ludo. J’ai besoin d’autres pistes avec des personnages pouvant intervenir lors du drame.
Je cite ensuite Ludovic et sa bande dans la présentation de Tango pour faire écho. Dans la bande-à-Ludo : je note d’abord Julie Arton à la place de Patricia Simon, mais raye ensuite le nom, car ce n’est pas logique d’uliliser J.A (Julie Arton) citée précédemment, si l’on envisage Ludovic comme responsable de la lettre de menaces, il ne mettrait pas les initiales d’une copine.

27 juin :
Il faut toujours tout vérifier ! : J'avais envoyé le passage que j'avais écrit en anglais à l'un de mes fils qui a vécu à l'étranger et parle couramment anglais. Je voulais qu'il me corrige éventuellement. Je reçois donc sa réponse par mail. Merci ! Tout le monde est mis à contribution.

28 juin :
Je note plein d’idées sur les « 12 Travaux »... puis plus rien (prise par des montagnes de choses).


Mea culpa !! Sur son petit nuage, quelqu'un s'impatiente...



Et le temps passe...
Les mois se succèdent...


AFFREUX !!! Je ne reprends vraiment le travail qu’en décembre, tellement j’ai été submergée par des corrections, commandes diverses, réponses aux lecteurs, mise à jour de mon site... + les stages de théâtre que j’ai animés + mes enfants et ma famille... et de vrais travaux (peintures et autres).

Évidemment, au fil des relectures depuis le début de la rédaction du texte, j'ai gribouillé de nombreuses fois mes différents chapitres (sauf la pièce qui n'a pratiquement pas bougé) : passages ajoutés ou déplacés, phrases et mots modifiés, etc.


Entre-temps : j’ai lu de nombreux romans de Jules Verne et visionné des films réalisés d'après son œuvre (ex. “Voyage au centre de la Terre”, “Les enfants du Capitaine Grant”...)
J’ai aussi parlé de ce travail en cours à de nombreux élèves, rencontrés dans des collèges.





Reprise du roman... enfin !


LE JEU DES 12 TRAVAUX


8 décembre 2006 :

Je rédige tout le contenu du jeu de l’oie des “12 Travaux”.
Le point de départ est donc le roman de Jules Verne, “Le Testament d’un excentrique”, roman basé sur le jeu ci-dessous (les personnages se déplaçant d’un état à l’autre en fonction de la case sur laquelle ils atterrissent en lançant les dés).


Le noble jeu des États-Unis d'Amérique,
extrait du roman de Jules Verne, "Le Testament d'un excentrique"



Dans le jeu de l’oie des 12 Travaux que je mets au point, les cases correspondent à différentes épreuves destinées aux élèves du collège Jules Verne (voir chapitre IX) :
• 12 épreuves sportives (chacune en rapport avec l’un des romans de JV)
• 8 rébus ou charades (comme dans le roman “La Jaganda“
• 9 messages à demi effacés (titres de romans à découvrir — comme dans le roman “Les enfants du Capitaine Grant”), ou bien messages codés (pour l’un des codes, j’ai réalisé la carte trouée ci-dessous telle qu’elle est représentée et utilisée dans le roman de JV, “Mathias Sandorf”)
• 6 chasses au trésor (objets ou dessins à rapporter — clin d’œil au roman “Les Mirifiques aventures de Maître Atifer”)
• 8 questions sur la vie et l’œuvre de Jules Verne
• 6 cases pour les pièges et bonus habituels du jeu de l’oie
• 14 cases (dont la 63e) pour les têtes de JV qui remplacent les oies.


carte trouée qui permet de déchiffrer 3 messages codés du jeu,
carte réalisée d'après celle du roman de Jules Verne, "Mathias Sandorf"




9 décembre :

Je rédige le brouillon du chapitre “Les 12 Travaux” pour lequel j’avais juste pris quelques notes au printemps dernier, et du coup je modifie quelques éléments du Jeu, entre autres après avoir dactylographié la liste de tous les titres de romans de Jules que j’ai déjà utilisés dans l’histoire, la pièce et le jeu (et que l’on peut trouver à la fin du livre paru en avril 2009)

RÉDACTION DE LA FIN DU ROMAN
PUIS PEAUFINAGE


10 et 11 décembre :

Je rédige générale et spectacle pour lesquels j’avais noté des idées en juin.

12 décembre :

Brouillon et “tapuscrit” du drame, des explications possibles. Je change un peu par rapport à mon idée de départ qui était de faire trois fins différentes — là quelques éléments plausibles dans chaque version, et au lecteur de faire son choix... puis je donne les clefs complémentaires dans l’épilogue.
Je mets un point final.

13 décembre :

Je vérifie la liste des romans de JV. Je les ai bien tous utilisés.
Puis je relis de nouveau (à voix haute), cette fois-ci en vérifiant les mots utilisés, les répétitions et redites (ex pour les verbes “dire” car je n’y ai pas réfléchi en écrivant) – je remplace si nécessaire pour que ce ne soit pas toujours les mêmes verbes qui soient utilisés. C’est un travail de longue haleine, mais qui me semble important. C’est un peu la broderie finale avant d’imprimer les “tapuscrits” pour mon petit comité de lecture.

Reste à tout relire de nouveau après avoir rentré toutes les corrections dans l’ordi… et à confier les “tapuscrits” à mon petit comité de lecture. Yaouououh, comme dirait Lancelot !
Précision : il ne s’agit pas bien sûr de la version définitive qui paraîtra en avril 2009. De nombreuses modifications sont encore à venir...

TAPUSCRITS RELIÉS EN LECTURE,
PUIS RETOUCHES


Mon petit comité de lecture que je remercie


Je donne toujours mes textes à lire pour avoir des avis extérieurs... et les laisser reposer avant de m'y replonger avec un autre regard.

Qui relie et réagit ?
Il y a toujours mon fils aîné Fabien et sa femme Mathilde, mon frère Patrick... et suivant les textes d'autres lecteurs.
Pour ce livre-ci : Valérie, super documentaliste ; Sonia (19 ans et l'une de lectrices depuis des années) ; Alain, mon ami prof d'EPS ; Nathalie, une amie enseignante ; plusieurs ados dont Gwladys, Lancelot et Hugo.

Je reçois deux réponses très rapides avant la fin décembre : de Sonia et Valérie qui ont relevé quelques fautes de frappe.
Valérie me donne des conseils en tant que documentaliste : par exemple le titre provisoire “Le collège où tout peut arriver” est énigmatique, mais pas assez accrocheur ; elle se reconnaît dans le personnage de Véro surtout pour ce qui a trait au théâtre et aux anecdotes retenues qu’elle m’avait racontées (ex le coup des pignoufs, les définitions du CDI…)
Patrick, Alain, Nathalie et Lancelot me remettent leurs réactions en février, Fabien et Mathilde en mars… Les remarques sont parfois contradictoires suivant les lecteurs, par exemple certains peuvent demander qu'un passage soit développé alors que d'autres le trouvent déjà long ! Pas facile de prendre une décision dans ce cas-là. Mais c'est finalement moi qui ai le dernier mot "de papier"...

RETOUCHES ET ENVOI...


Mars 2007 :

De gros soucis familiaux m’ont empêchée de trouver le temps de retravailler le manuscrit. Je ne le reprends au calme (il me faut du calme !) courant mars. Ce n’est pas évident car je dois tenir compte dans la mesure du possible des différentes réactions… qui sont parfois contradictoires.

Hésitation : j’avais ajouté "Le Rayon Vert" qui était une rangée de BD sur une étagère… ce qui n’était pas terrible pour Valérie, super documentaliste. D’où changement !
Le Rayon Vert correspond finalement à des documentaires dont... "Nantes à l'époque des négriers" que j'ai inventé.
Et au moment d'imprimer, j'ai eu une idée de titre "Collège Jules Verne en péril !" pour faire court tout en gardant le nom de l'ami Jules.

COLLÈGE JULES VERNE EN PÉRIL !


Enfin, fin mars, le manuscrit est prêt ; je le relis encore une dernière fois, l’imprime et l’envoie à mes éditrices chouchous le 2 avril.
Quand verra-t-il le jour ??? là est la question !


été 2007 : mon petit filleul encourage sa grande marraine et son pied en compote...



REPRISES SUCCESSIVES



Qu'est-ce qui est casse-pied... au sens propre du terme ?


25 juin 2007 :

• J'ai rendez-vous avec mes éditrices (éditions Grasset) à Paris. Mais la veille au soir... catastrophe ! Je tombe dans l'escalier (voilà ce que c'est de sauter des marches), résultat : double entorse avec ligaments déchirés, fracture latérale du pied, tendons arrachés au niveau des orteils, os déplacés... la totale ! Après une nuit blanche car c'est plutôt douloureux, je pars à Paris à cloche-pied. Je parie que Véro du collège Jules Verne aurait fait la même chose !
• Mes éditrices me demandent d'approfondir les personnages et de resserrer le texte (surtout le démarrage et la mise en place des acteurs) pour gagner en intensité dramatique dès le début. Voir tout ce qui n'est pas nécessaire dans le premier tiers du manuscrit ; être plus dans l'action. Aller plus vite quand la pièce se met en place au C.D.I.
Attention, il ne faut pas trop de vie quotidienne (surtout au cours des répétitions de la pièce au C.D.I.) Le début de l'histoire après la présentation des personnages est trop "documentaire", pas assez roman.
Autres remarques : c'est difficile de mémoriser qui est qui, surtout pendant les répétitions qui ralentissent beaucoup le rythme.
En ce qui concerne Véronique, elle part trop dans ses explications irrationnelles, puis tout de suite survient une explication rationnelle (j'avais fait cette modification à cause de la réaction de deux de mes lecteurs dont j'apprécie les conseils - comme quoi les réactions ne vont pas toutes dans le même sens).
Changer les noms avec les jeux de mots : pas de Lancelot Daluc ou Dulac, de Vérnique Discali, de prof d'anglais Marchmallow...
Et mettre Jules Verne plus en avant (en fait, il y a des références à son œuvre sans arrêt, mais peu de titres sont vraiment très connus et les noms des personnages de certains romans encore moins).
Conclusion : j'ai encore du pain sur la planche (pas trop la frite)... sans oublier mon pied en compote pour plus deux mois qui va m'empêcher de nager dans la mer, ce que j'attends chaque année avec impatience.


COLLÈGE JULES VERNE : ATTENTION, DANGER !


Octobre 2007 :

Entre les problèmes familiaux, le travail en retard et mon pied qui m'a gâché tout l'été... je ne replonge que maintenant dans mon manuscrit.
• Je le relis à voix haute... et le gribouille en tenant compte de toutes les remarques de mes éditrices.
Par exemple, j'essaie d'approfondir les personnages, d'insister plus sur ce qu'ils ressentent, ce qu'ils pensent (côté introspection - comme ci-dessous).


Insister sur l'introspection



• Je supprime des tas de passages dans le premier tiers comme on peut le voir sur la feuille scannée (ci-dessous).


Resserrer le texte et supprimer de nombreux passages



• Et je pense à un nouveau titre : "COLLÈGE JULES VERNE : ATTENTION, DANGER !" et j'envoie mon nouveau manuscrit.

S.O.S. JULES VERNE !


6 mai 2008 :

J'ai rendez-vous à Paris avec mes éditrices (Grasset) qui me demandent de nouvelles modifications.
• La pièce était incluse dans le roman. Les scènes alternaient avec les différents épisodes de l'histoire (ricochets de la pièce vers la réalité).
Mes éditrices me demandent d'enlever la pièce en ne gardant que des résumés des scènes aux endroits concernés, et de la placer en annexe à la fin du roman.
• De même, les notes de bas de page se trouvaient à la fin de chaque chapitre.
Je dois les ôter et les placer à la fin du livre (Quelques références et précisions, page 193) en en supprimant au besoin.
• Se trouvaient déjà à la fin du livre : Les épreuves des 12 Travaux, le résumé de la vie et de l'œuvre de Jules Verne, le tableau indiquant où étaient cités les différents titres.


Au départ, les notes de bas de page se trouvaient à la fin de chaque chapitre...



Juillet 2008 :

Le mois de juin a été surchargé comme chaque fin d'année scolaire.
• Je reprends à nouveau le manuscrit et le relis à voix haute... en changeant un mot de temps en temps.
• Je déplace les notes de bas de page et la pièce de théâtre, et du coup rédige un résumé de chaque scène.
• Je relis très attentivement pour voir si "ça coule", car il faut du coup développer certains passages (le texte de référence de la pièce n'est plus là) et en supprimer d'autres. Et je précise à chaque fois qui joue quoi sur un petit tableau.
• J'ajoute le chapitre "Chez Mélanie" pour que les quatre jeunes vivent en dehors du collège (comme pour les stages) pour rendre Jules Verne encore plus présent, puisque le grand-père Omen y fait référence (son nom, la cave où il joue de la musique qui ressemble à l'intérieur du Nautilus, les tableaux qu'il a peints...).
Je rédige également un autre chapitre (après "Ecrivain célèbre") qui s'appelle "Invitation". Les quatre jeunes se retrouvent de nouveau dans la cave avec Omen Eniatipac, ce qui me permet entre autres de dévoiler ce qu'a vécu Dinh. (ce chapitre sera supprimé dans la version finale)
Ces deux chapitres supplémentaires servent aussi à rééquilibrer l'ensemble après la suppression de la pièce dans le cadre du texte.
• Je redonne cette version en lecture à mon fils Fabien qui est toujours de très bon conseil. Il me fait quelques petites remarques (ex : préciser pour les miroirs du grand-père que la famille est au courant pour que ça ne fasse pas voyeur), me demande développer les résumés des scènes et de changer le prénom Candice qu'il a tendance à mélanger avec Gabrielle.
Candice devient alors LOU.

Août 2008 :

Puis je relis l'ensemble et envoie à mes éditrices le manuscrit qui s'intitule à présent "S.O.S. JULES VERNE !"

21 octobre 08 :

Mes éditrices me demandent de nouveau des modifications qui ne me demanderont pas trop de travail... heureusement.


Novembre 2008 :

Début novembre, je replonge de nouveau dans le manuscrit.
J’avais "sorti" la pièce comme convenu, et en suivant les conseils d’un de mes lecteurs, j’avais développé les résumés des différentes scènes au fil du récit, en précisant à chaque fois qui joue quoi.
Mes éditrices souhaitent que ce soit plus fluide, que les résumés soient courts, les affiches “qui joue quoi” pratiquement toutes supprimées, que je place aussi dans les annexes ce qui concerne les détails du jeu de l'oie, par exemple les règles.
L’un des chapitres que j’avais ajoutés, "Invitations", sera pratiquement supprimé. Je le transforme en "Catalogue" qui se passe dans la cour du collège et non plus dans la cave d'Omen Eniatipac. Ainsi, je peux conserver les passages concernant Dinh et Tangy (ce qui me paraît important) et le grand-père Omen ne disparaît pas complètement de la circulation.
Et par-ci par-là des détails pour alléger ou condenser l’ensemble.
Par rapport à toutes les petites remarques de mes éditrices : soit je suis O.K. et je modifie le texte sur mon ordinateur. Soit je ne suis pas d'accord et j'explique pourquoi je préfère tel mot, telle expression ou bien pourquoi je tiens à telle anecdote ou remarque.

Ce fut un travail de longue haleine... J'espère que cette version sera la bonne.
La remarque de Valérie influencera le titre final : "Les livres qui contiennent le mot collège sont beaucoup empruntés dans les C.D.I."
C'est ainsi que mes éditrices choisiront "MYSTÈRES AU COLLÈGE JULES VERNE" !

Mars 2009 :

Relecture de deux séries d'épreuves à une semaine d'intervalle avant l'accord pour imprimer... On touche au but !



Il était temps...




FAIRE-PART DE NAISSANCE


MYSTÈRES AU JULES VERNE



Après des mois de gestation, nous avons le plaisir de vous annoncer la naissance du livre

Mystères au collège Jules Verne


La maman se porte bien.
Le papa pousse un soupir de soulagement depuis son petit nuage.
Les frères et sœurs commençaient à en avoir assez du temps consacré à ce bébé-là...

Une remarque de Valérie, super documentaliste :
"Je ne comprends pas pourquoi sur la couverture les cotes des livres commencent par V ????? V.VER, cela ne veut rien dire...", mais à part ça, elle semble satisfaite.

À VOTRE TOUR !


À vous maintenant de m'envoyer vos réactions que je reporterai à la fin de l'article d'ouverture.
Et comme cet article était très long à rédiger, j'ai peut-être fait des fautes de frappe... N'hésitez pas à me les signaler. Merci !



••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••


Date de création : 11/05/2009 : 15:51
Dernière modification : 03/06/2009 : 13:06
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